Santé économique du Bénin en 2018 : Des lacunes du taux de croissance à la tromperie du rapport de mission du FMI.
En visite de travail le 26 octobre 2018, M. Luc EYRAUD, chef de la mission au Bénin du Fonds Monétaire International (FMI) n'a pas manqué de faire l'apologie de l'économie béninoise, saluant les bonnes performances réalisées par celle-ci ces trois dernières années. Se basant sur le rapport de l'institution internationale au titre de l'année 2018, il a affirmé que «le contexte économique reste très favorable au Bénin avec une croissance forte et une inflation faible» avant d'ajouter que l'activité portuaire, la production agricole et l'assainissement du climat des affaires ont été d'une importance capitale dans cette évolution. Le taux de croissance retenu pour l'année 2018 par le FMI est de 6.5% soit une progression de 4% depuis 2015.
Dans ce article, je vais partir d'une brève explication du concept de "croissance économique" pour montrer le décalage qui existe entre les chiffres du FMI et la réalité économique de notre pays.
L'ensemble des richesses nouvellement créées par les agents économiques (Ménages, entreprises, Etat...) résidents à l'intérieur d'un pays est désigné par l'expression "Produit intérieur brut" (PIB). Le taux de croissance est utilisé pour mesurer la variation du PIB d'une année à l'autre. Lorsqu'il est en hausse dans une année n par rapport à une année n-1, cela signifie que la production de biens et services a connu une variation positive dans la période concernée et que le niveau de vie global des populations s'est amélioré d'une manière ou d'une autre.
Cependant, il est important de savoir que le taux de croissance a des insuffisances dont la plus importante est le fait qu'il ne prend en compte que partiellement l'économie informelle. Cette lacune est un indicateur non négligeable dans le cas du Bénin dans la mesure où le secteur informel demeure le plus important de toute l'économie.
En effet, l'économie informelle désigne l'ensemble des activités productrices de biens et services qui échappe au contrôle de l'État.
D'une part, il faut noter que le taux de croissance de 6.5% évoqué pour la seule année 2018 n'intègre pas :
- les commerçants d'essence frelaté ( environ 500000 individus selon une enquête réalisée en 2015)
- les vendeurs ambulants
- les travailleurs à domicile
- les jeunes chômeurs exerçant ce qu'on peut appeler "les petits boulots"
- les artisans
- les individus qui vendent au bord des routes
- les institutions financières informelles (Tontines et autres)
- les commerçants de faux médicaments, et
- toute autre personne exerçant une activité non reconnue par la loi.
Les activités économiques réalisées par ces personnes ci-dessus indiquées n'ont pas été prise en compte dans le calcul du taux de croissance.
D'autre part, il faut rappeler que depuis l'avènement de la rupture, le secteur informel est en pleine transformation. La commercialisation de faux médicaments est lourdement sanctionnée par la loi, les personnes exerçant de petits commerces au bord des routes ont été déguerpi au nom de la libération des espaces publics, le trafic de stupéfiants est maîtrisé selon les dires du ministère public, une loi interdisant la commercialisation d'essence frelatée est en instance de promulgation. Ces différentes mesures furent-elles salutaires ont dans l'immédiat de lourdes conséquences sur l'économie béninoise dans la mesure où les personnes concernées représentent la plus grande masse de la population.
La réalité économique du Bénin n'est plus la même depuis trois ans car plusieurs personnes ont été privées de leur principal source de revenus. Ce phénomène a non seulement changé le fonctionnement du cycle économique mais aussi faussé le calcul du taux de croissance. La pauvreté a atteint un niveau record, les entreprises produisent de moins en moins, le taux de chômage ne cessent d'augmenter, le doute s'est installé. Contrairement à ce dit le FMI, l'économie béninoise n'est pas en bonne santé. Cependant, je pense personnellement que cette période sombre est nécessaire à la transformation positive de notre economie.
Ce qu'il faut retenir: Le calcul du taux de croissance du Bénin et des pays en développement par le FMI et les autres institutions internationales est généralement faussé par le manque d'informations sur le secteur informel.
Une économie en bonne santé est celle qui créée de la richesse, des emplois et par dessus tout, réduit la pauvreté.
Dans ce article, je vais partir d'une brève explication du concept de "croissance économique" pour montrer le décalage qui existe entre les chiffres du FMI et la réalité économique de notre pays.
L'ensemble des richesses nouvellement créées par les agents économiques (Ménages, entreprises, Etat...) résidents à l'intérieur d'un pays est désigné par l'expression "Produit intérieur brut" (PIB). Le taux de croissance est utilisé pour mesurer la variation du PIB d'une année à l'autre. Lorsqu'il est en hausse dans une année n par rapport à une année n-1, cela signifie que la production de biens et services a connu une variation positive dans la période concernée et que le niveau de vie global des populations s'est amélioré d'une manière ou d'une autre.
Cependant, il est important de savoir que le taux de croissance a des insuffisances dont la plus importante est le fait qu'il ne prend en compte que partiellement l'économie informelle. Cette lacune est un indicateur non négligeable dans le cas du Bénin dans la mesure où le secteur informel demeure le plus important de toute l'économie.
En effet, l'économie informelle désigne l'ensemble des activités productrices de biens et services qui échappe au contrôle de l'État.
D'une part, il faut noter que le taux de croissance de 6.5% évoqué pour la seule année 2018 n'intègre pas :
- les commerçants d'essence frelaté ( environ 500000 individus selon une enquête réalisée en 2015)
- les vendeurs ambulants
- les travailleurs à domicile
- les jeunes chômeurs exerçant ce qu'on peut appeler "les petits boulots"
- les artisans
- les individus qui vendent au bord des routes
- les institutions financières informelles (Tontines et autres)
- les commerçants de faux médicaments, et
- toute autre personne exerçant une activité non reconnue par la loi.
Les activités économiques réalisées par ces personnes ci-dessus indiquées n'ont pas été prise en compte dans le calcul du taux de croissance.
D'autre part, il faut rappeler que depuis l'avènement de la rupture, le secteur informel est en pleine transformation. La commercialisation de faux médicaments est lourdement sanctionnée par la loi, les personnes exerçant de petits commerces au bord des routes ont été déguerpi au nom de la libération des espaces publics, le trafic de stupéfiants est maîtrisé selon les dires du ministère public, une loi interdisant la commercialisation d'essence frelatée est en instance de promulgation. Ces différentes mesures furent-elles salutaires ont dans l'immédiat de lourdes conséquences sur l'économie béninoise dans la mesure où les personnes concernées représentent la plus grande masse de la population.
La réalité économique du Bénin n'est plus la même depuis trois ans car plusieurs personnes ont été privées de leur principal source de revenus. Ce phénomène a non seulement changé le fonctionnement du cycle économique mais aussi faussé le calcul du taux de croissance. La pauvreté a atteint un niveau record, les entreprises produisent de moins en moins, le taux de chômage ne cessent d'augmenter, le doute s'est installé. Contrairement à ce dit le FMI, l'économie béninoise n'est pas en bonne santé. Cependant, je pense personnellement que cette période sombre est nécessaire à la transformation positive de notre economie.
Ce qu'il faut retenir: Le calcul du taux de croissance du Bénin et des pays en développement par le FMI et les autres institutions internationales est généralement faussé par le manque d'informations sur le secteur informel.
Une économie en bonne santé est celle qui créée de la richesse, des emplois et par dessus tout, réduit la pauvreté.


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